D’autres nymphalides préfèrent passer l’hiver à l’extérieur du pays. Ce sont des papillons migrateurs. Les migrations spectaculaires du monarque (Danaus plexippus) ont particulièrement attiré notre attention depuis des années. Les monarques s’envolent vers le sud avant l’arrivée des grands froids. On serait porté à croire qu’ils nous quittent pour aller se faire chauffer au soleil tout en butinant une belle fleur mexicaine, mais ce n’est pas le cas. Certaines populations de monarques se rassemblent aux sommets de très hautes montagnes du Mexique, là où la température frôle le point de congélation. Ils s’entassent par milliers, suspendus aux branches des sapins. Ce n’est qu’au début du printemps suivant que les monarques s’accouplent et qu’ils amorcent le chemin du retour.
Malgré le fait qu’ils soient assez communs, on ne se lasse jamais de voir un monarque apparaître dans le jardin au début de l’été. Les adultes butinent le nectar d’une grande variété de fleurs. Les chances d’apercevoir un monarque sont cependant beaucoup plus grandes si vous avez de l’asclépiade dans le jardin, car les chenilles du monarque se nourrissent uniquement de cette plante.
Une dernière petite note concernant les nymphalides : l’amiral (Limenitis arthemis) a été choisi comme insecte emblème du Québec. Il a été de loin préféré à la cicindèle. L’amiral ne visite pas souvent les fleurs, il préfère aspirer les liquides à la surface des fruits en décomposition ou des excréments d’animaux. Aurait-il gagné le concours si les gens avaient su?